Bassin d'Arcachon,  Le Caméléon Daltonien,  Non classé

Bye Bye les dinosaures

Il est 17 heures, un samedi après midi caniard comme les mois d’août savent nous les distiller, nous sommes le 12 août 1977, il y a peu le banc d’Arguin est devenu une réserve et la sepenso assure déjà la gestion du site. A cette époque ados insouciants, nous nous régalions de parcourir la dune et d’aussi loin que je me souvienne jamais nous n’avons dégradé volontairement le site même en période de nidification. Alors a 17 heures, quand le bateau est rempli de convives après un léger goûter nous commençons nos explorations, NOUS DORMONS AU BANC … Les parents à quatre sur le bateau et nous à terre. C’était interdit depuis peu, mais la faible communication de l’époque avait eu raison de nos scrupules. Nous implantions donc un mat assez bas, une demi toile de tente pour passer une nuit merveilleuse. Autour de la conche trois voire quatre bateaux, c’est sauvage c’est calme, c’est beau quoi, simplement beau, mes yeux en gardent encore un reflet fantôme.

Apéro pour les parents, clopes en cachettes pour nous et quelques verres de rouge plus loin, ils nous débarquent à terre avec recommandations d’usage, pas de feux, pas de conneries, c’est vrai nous étions coutumiers….
Arrivés à la tente, stupeur, tout est saccagé, et notre petite installation démantelée. Ados, les hormones en ébullitions, nous cherchons le responsable… Nous le trouvons, tapis dans la dune, caché à nous épier. Finalement échange de noms d’oiseaux, à deux doigts du bourre pif tant l’énergumène était arrogant et vindicatif, C’EST INTERDIT…
Heureusement que les parents sont arrivés, sinon il aurait certainement fini suspendu par les pieds ou enroulé autour de son parasol.

Quarante bougies plus tard en ballade sur les près salés à LA TESTE, cette fois avec mes enfants, magnifique promenade au demeurant, rebelote. Le chien de ma fille baguenaudait, et arrive à notre hauteur, ( j’espère qu’elle se reconnaîtra l’andouille), une dame emmitouflée qui d’une voix assez forte marchait avec son caniche non moins emmitouflé, distillant d’une voix de stentor un NON péremptoire, répété à plusieurs reprises.

Je me suis demandé si elle était réellement saine d’esprit puisqu’au niveau corps ça fonctionnait, au moins elle marchait. Après une dizaine de NON appuyés, j’ai cru comprendre que le chien n’avait pas le droit de gambader ou il se trouvait, le sien n’était pas en laisse non plus. Notre air étonné par son ton et l’absence de compréhension quant à son NON répété, lui a fait nous vitupérer, JE SUIS ACCRÉDITÉE…

Le caméléon est un garçon poli, et n’a rien trouvé à lui répondre, seulement imaginer que la connerie était de retour 40 ans après. Était-ce la petite copine du rouquin du banc d’Arguin qui 40 avant nous avait fait découvrir que dans le dogme pédagogie ne vaut.

Alors petit retour sur mes expériences de vie et là je m’aperçois que ce genre de cons pullule, et encore plus quant il s’agit de civils accrédités. Brandissant l’interdit d’un bras vengeur, je les exècre avec leur pensée unique et leur petit cerveau.

Tout comme l’abruti du banc qui aurait pu simplement nous demander de sortir nos affaires en expliquant le bien fondé de sa démarche, l’autre Andouille des près salés aurait aussi pu nous expliquer ce que nous faisions d’interdit et que nous n’avons toujours pas compris.

Le caméléon a décidé de rester libre et accrédité ou pas,et fait plus confiance à sa perception environnementaliste basée sur ses expériences de vie locale qu’aux dictats ridicules pondu dans des bureaux par des écologistes de salon.

Résolument pour l’écologie, pour une responsabilité partagée, et non imposée. Ce contrairement aux derniers textes relatifs au banc d’Arguin, rédigés par des gens qui ne connaissent pas l’endroit, sa morphologie et sa mouvance. Pour preuve, j’ai cru comprendre que la carte des mouillages du banc, qui va ou qui vient de sortir était établie sur des bases de points GPS relevés en novembre dernier. Je n’ose imaginer après l’hiver et les coups de vents qui viennent de passer ce que sont devenus ces points, peut être déjà au milieu du banc ou alors à deux cent mètres du bord.

Il existe une institution locale que l’on a enterrée avant même qu’elle ait pu émerger, composée d’une mosaïque représentative d’intervenants locaux : LE PARC MARIN, il serait légitime que ce soit lui qui puisse assurer une bonne gestion de notre environnement notamment du banc d’Arguin associant écologistes, professionnels et usagers, tout simplement amoureux de leur territoire.

Bye Bye les dinosaures.


Publication originale sur facebook – intégrée à Mood In My Mind Nov 2018

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