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BANKSY – Itinéraire en réflexion

La force des messages représentés en poésie et à la vue de tous par Banksy ont marqué une démocratisation du Street Art. Avec l’ouverture du parc éphémère Dismaland cet été, Banksy fait encore parler de lui !
Banksy nous propose des oeuvres & installations reflets de notre société (qualifiant même New York tel un Miroir) et nous pousse nous même à la réflexion sur notre environnement. Un Monde où la réalité prend la place du rêve. Avons nous atteint notre Idéal?

Sur les traces de Banksy…

Toujours actuel et d’à propos, les oeuvres éphémères tranchent avec notre enlisement. En témoigne, l’une des oeuvres de Dismaland, à l’heure où l’on s’interroge sur la gestion de nos frontières, on découvre dans le parc des bateaux à la dérive chargés de migrants, de réfugiés? Ils courent vers le rêve d’un avenir meilleur, nous tenons les manettes. Spectateurs, c’est à nous de nous rendre acteur, de prendre les manettes et de faire voguer nos bateaux de police vers eux…. No comment.

Rien que le nom du Parc (DISMALAND), le ton est donné. La racine DIS, est connotée négativement en anglais : DISMiss (rejeter, ne pas prendre au sérieux, ne pas prendre en compte), DISMAy (désarroi, consternation), DISMALly (lamentablement, lugubrement)…
La promesse est entendue : le rendez vous serait-il donné en territoire lugubre à Bristol (DISMAL- lugubre, sombre, triste)?

« Quelque chose manque à votre vie ? Avez vous besoin de sortir un peu plus ?
Alors arrêtez ce que vous êtes en train de faire, et venez découvrir le lieu le plus joyeux sur terre. C’est un parc de curiosités comme aucun autre. 
Dismaland un lieu où tous vos rêves deviennent réalité.
Alors, qu’est ce que vous attendez?  » 

La violence de la réalité tel un message en partage. C’était d’ailleurs le même type d’invitation que Banksy nous avait lancée le 25 février 2015 : En guise de voeux pour la nouvelle année, une invitation à la découverte d’une nouvelle destination. En l’occurrence Gaza.
Les images révèlent la réalité vécue lors de son immersion sur le territoire. Comment vit-on là bas ? La réalité en images : Banksy nous propose son expérience en partage, au delà de la réalité médiatique.

En 2013, du 1er au 31 octobre, Banksy a posé ses valises à New York pour un mois de production intense. Chaque jour, un des 5 quartier de la ville a été revisité. Un parcours suivi par les fans, les détracteurs, la police… en direct sur son site. Sa présence a donné lieu à de véritables scènes d’émeutes collectives et de mercantilisation de son Art mis pourtant à la disposition de tous dans la rue. Son marathon artististique s’intitulant d’ailleurs : « Better Out Than In » (mieux dehors que dedans). Le maire de New York n’était pas ravi que sa ville ait été choisie comme territoire de jeu & salle d’exposition à ciel ouvert par Banksy.

Le reportage BANKSY Does New York retrace l’itinéraire de l’Artiste.

Revenons sur la polémique

Banksy leurre le public, se mercantilise alors qu’il ne cesse de mettre en avant les dérives de nos systèmes.

Banksy dénonce l’inhumanité, le capitalisme. Et pourtant, il est coté. David & Victoria et autres stars s’arrachent ses oeuvres, ses murs. Jusqu’aux « chanceux propriétaires » de façades élues par Banksy. A New York, certaines oeuvres ont vu leur caractère éphémère accentué : le sphinx en parpaings, la porte bleue… ont été immédiatement retirés pour être vendus, mis en galerie.

Pourtant, en témoigne son passage à New York, avec son sens de l’humour qui tourne à la satire sociale, Banksy continue de se moquer de la consommation. Durant son séjour, l’une des installations était un stand de revente de ses pochoirs pour 60 dollars. Total des ventes : 420 dollars. Un vrai flop. comme quoi, quand c’est « mal » vendu!

Pourtant, la courbe d’évolution de la cote de l’artiste ne cesse d’augmenter.

La rédaction s’exprime – Au delà de cette polémique de mercantilisation de l’Art, n’y a t il pas une critique offerte à soi même?

Concrètement, Faites le Mur m’a transcendée. Touchée par le marketing, l’effet d’annonce de ce film-reportage annoncé tel une BOMBE, je me suis ruée en salles pour découvrir ces images. Et qui sait, le visage de Banksy?
Pas de Banksy. Ou presque… mais j’y ai cru à ce vagabondage; à la propulsion au rang d’artiste d’un « perché » avec sa caméra. J’ai adoré croiser les témoignages de street-artistes que j’affectionnais.

Et puis, une « discussion de comptoir » m’a poussée à vouloir en savoir plus. Ce reportage ne serait qu’une imposture?? Impossible… J’ai donc cherché, me suis documentée, ai agité les discussions…
Et contre toute attente, j’ai été obligée de me résigner. Brainwash, n’était qu’un avatar de Banksy. J’étais vexée… Il m’avait eue.

En gros, je suis capable d’acheter/adhérer à n’importe quoi, du moment que c’est bien vendu ! Bref… Y’avait de quoi être vexée…
Et puis, je l’ai revu. J’ai compris que l’objectif n’était pas de cacher l’Avatar créé. Mais plus, de nous permettre de nous rendre compte de la réalité dans laquelle on s’est installés confortablement.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il pousse à la réflexion… C’est la réalité qui apparait vexante…

On l’aura compris ; le mouvement de Banksy nous contamine et nous conduit à sortir de l’inertie. J’aime sa façon de mettre les pieds dans le plat. De parler de ce qui est tenu sous silence avec son second degré caustique.

A suivre…


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