C’est notre Monde la blague !

Le premier trimestre vient de se clôturer. On s’immobilise, on s’enlise. Enfin, pas nous ; nous, on tente de rester debout et d’avancer. Plutôt notre gouvernement. Entre médailles en chocolat venant bafouer ce qu’il reste des « joyaux de la république déchue », on apprend maintenant que l’Elysée va bientôt devoir se doter d’une planche à billet…

La pilule du premier trimestre dispensée par la Cour des Comptes a du mal à passer. « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration » ; c’est ce principe instauré par l’article 15 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui a consacré la cour des comptes dans ces missions. Elle est là pour s’assurer du bon emploi de l’argent public et d’en informer le citoyen.

Mais comme nous, parfois, elle semble parfois avoir du mal à se faire entendre du gouvernement. Espérons que ce rapport soit entendu…

Alors voilà, cessons de tourner autour du pot : figurez-vous que la France est Championne (comme je suis attachée à nos symboles et histoire de sublimer le coq, je continue de chanter alors qu’on a les pieds dans la merde…) !
Championne de la dépense publique (pour être exacte vice championne de France de la dépense publique après la Finlande par comparaison des affectations du PIB à la dépense publique d’après Atlantico) !

« Conséquence d’un déficit public élevé et d’une croissance du PIB faible en 2015, la dette publique rapportée au PIB devrait avoir de nouveau augmenté en 2015 (+ 0,7 point selon le Gouvernement), pour atteindre 96,3 points de PIB, soit près de 2 100 Md€. La dette atteint ainsi un niveau légèrement supérieur à la moyenne de la zone euro (94 points de PIB en 2015 d’après les prévisions d’automne de la Commission européenne), et nettement supérieur à l’Allemagne (71,4 points de PIB). La France était entrée dans la crise en 2008 avec un niveau de dette (64,4 points de PIB en 2007) déjà supérieur à la limite de 60 points de PIB fixée par les traités européens. La dette a augmenté fortement depuis (plus de 30 points de PIB entre 2007 et 2015, cf. graphique n° 3) du fait d’un déficit durablement creusé et d’une croissance atone ces dernières années. »

Les rapports sont disponibles sur internet (et les liens fournis en page de page), on les a décortiqué pour vous simplifier la lecture.

Grossièrement, entre 2015 et 2016 les constats sont les mêmes. Synthétiquement, on constate l’immobilisme. Tantôt c’est l’inertie, tantôt l’entêtement.

« Après une présentation de la situation des finances publiques en 2015, la Cour examine les risques pesant sur les prévisions de recettes, de dépenses et de soldes publics pour 2016. Dans un contexte où le niveau très élevé atteint par la dette publique invite à poursuivre vigoureusement la réduction des déficits, mais où, à l’inverse, le redressement de la croissance pourrait inciter à un relâchement inopportun des efforts, elle souligne ensuite la nécessité de poursuivre à moyen terme la réduction du déficit structurel en agissant sur la dépense publique. » (p.1 RPA 2016).

Car jusqu’à présent, ce sont les contribuables et les entreprises qui ont été sollicitées pour réduire le déficit. Le volet dépense publique ne m’apparaît bien sincèrement pas mobilisé.

« Une prévision d’élasticité des recettes un peu surestimée. (…) La prévision du Gouvernement suppose que le surcroît de recettes d’IR enregistré en 2015, notamment du fait des plus-values liées à la bonne tenue des marchés financiers en 2014, se reproduira en 2016, quoique dans des proportions moindres (cf. graphique n° 4). Avec une élasticité de l’IR au revenu de l’année précédente plus en ligne avec la moyenne de ces 25 dernières années, la prévision d’IR aurait été réduite de 1,0 Md€.
Le dynamisme spontané des prélèvements obligatoires provient également de l’impôt sur les sociétés (IS) dont la hausse spontanée s’élève en 2016 à environ 2,8 Md€, soit une croissance de l’ordre de 8,5 %. » p.31 RPA 

« Des risques réels de dépassement des prévisions de dépenses
La prévision de dépenses du Gouvernement présente des risques de dépassement, du côté des dépenses de l’État, du fait de la sous-budgétisation chronique de certaines dépenses, de celles des administrations de sécurité sociale, en raison de la surestimation des économies attendues en 2016 de la nouvelle convention d’assurance- chômage, et de celles des collectivités locales, pour lesquelles la prévision du Gouvernement suppose une répercussion presque intégrale de la baisse des concours de l’État. À l’inverse, la prudence du Gouvernement concernant la charge d’intérêts pourrait permettre de compenser en partie ces dépassements. » p.32 RPA 

Pourtant dès qu’on touche à la gestion, on nous parle de bilan ; qui correspond au solde des recettes et des dépenses. Alors pourquoi, lorsque l’on espère rétablir le bilan, on n’agit que sur une seule des variables? Une blague.
Il existe d’ailleurs des cours de commerce pour développer les recettes et des cours d’achat pour réduire les dépenses…

Quand on met le nez dans les détails, on remarque que les prévisions du gouvernement sont régulièrement réajustées suite aux observations externes (INSEE). Aucune capacité de projection. Vers où allons nous? Une blague.

Parfois même le gouvernement ne prend pas en compte les prévisions d’organismes reconnus pour leur compétence. (« La loi de finances pour 2016 a pris en compte la nouvelle estimation par l’Insee, en septembre 2015, du solde des administrations publiques pour 2014 à 3,9 points de PIB, mais n’a pas pour autant ajusté la prévision de solde pour 2015, ni celle de la croissance et n’a modifié que marginalement la prévision d’inflation. » – P.24 RPA 2016). Une blague.

Les prévisions apparaissent bien souvent optimistes suite aux réajustements faits face à la conjoncture. C’est en matière de perception de recettes que le gouvernement excelle.

« Le rapport économique, social et financier annexé à la loi de finances initiale pour 2016 retient des prévisions de croissance de + 1,5 % du PIB en volume, de + 1,0 % pour la hausse des prix à la consommation et de +2,4 % pour celle de la masse salariale.
Dans son avis du 25 septembre 2015, le Haut Conseil des finances publiques a estimé que la prévision de croissance demeurait atteignable, sans qu’elle puisse être qualifiée de « prudente » comme il l’avait fait en avril lors de l’examen du programme de stabilité. En revanche, le Haut Conseil a jugé que l’inflation comme l’augmentation de la masse salariale pourraient être moindres que ne le prévoit le Gouvernement. (…)
Au total, la prévision du Gouvernement pourrait être trop élevée s’agissant de la masse salariale et les prélèvements sociaux assis sur les salaires risquent d’être plus faibles qu’attendu par le Gouvernement. Il pourrait en être de même pour l’inflation et, par voie de conséquence, pour les recettes de TVA. Si l’évolution de la masse salariale était plus proche des prévisions de la Commission et de l’OCDE, la perte de recettes correspondante pourrait s’élever à près de 0,1 point de PIB. » P.30 

La conjoncture défavorable est évoquée. N’est-il pas naturel de s’interroger sur la responsabilité de notre gouvernement face à cette conjoncture ? Ou son incapacité à opérer les réajustements nécessaires à la survie dans la tourmente ?

On l’entend souvent mais, la France apparaît dans ce rapport tel un paquebot; piloté avec une seule ligne de mire : l’inertie, la limitation de la tourmente. Que finançons-nous?

La pilule passerait mieux si tout le monde se serrait la ceinture.
La pilule passerait mieux si nos représentants étaient exemplaires et méritants ; et non asservis et corrompus.
La pilule passerait mieux si au lieu de taxer l’économie, on s’attaquait aux vraies causes.

Entre accords commerciaux avec des pays « douteux » et gouvernance de notre économie par les banques, la pilule a du mal à passer.

On aspire à une société du réel, respectueuse de tous et qui cesse de nous liguer les uns contre les autres. Pas à un monde spéculatif, déconnecté des français et dans sa bulle isolée par un vocabulaire complexe ou notations abstraites.

Incompréhensible… d’autant que clairement, les présidentielles approchant, aucune coupe, reforme franche ne sera menée. La campagne se prépare déjà. Il est question de cotes de popularité (encore une blague), de rencontres diplomatiques…

La France frappée par de terribles attaques; le peuple le vit. Ne se cache pas dans des cages dorées. Assumer ce que nous sommes pour continuer de vivre dans ce contexte. Comment cautionner la représentation par l’incompétence? Les fastes? Les petits-fours ? Les prises de postes hors du mérite et de la compétence?

Comment poursuivre alors que la division peuple/gouvernance ne cesse de s’accroître?

Alors pour se faire passer la pilule, on continue à se donner du courage; à changer chez nous ce que nous aimerions changer au global. A regarder autour en tentant de repenser le système.
Et comme on en a parlé cette semaine, celle ci semblait s’imposer ! & finir en chanson ne nous fera pas de mal !


Consulter l’intégralité du rapport : Le rapport public annuel 2016 – Cour des comptes

En savoir plus :
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