L’après Tchernobyl – Quoi de neuf là-bas ?

Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, explose suite à la réalisation d’un essai technique. Clairement poussés par l’obtention d’un résultat rapide, les opérateurs ont stoppé l’essai après avoir perdu le contrôle du réacteur.

Les produits radioactifs contenus dans le coeur du réacteur sont propulsés jusqu’à plus de 1 200 mètres de hauteur; leur rejet s’est poursuivi jusqu’au 5 mai 1986.
Sur 10 jours, environ 12 milliards de milliards de becquerels partent dans les airs.

L’explosion s’en est suivie d’un incendie. Ce feu de graphite sera définitivement arrêté le 9 mai 1986. Du 27 avril au 10 mai 1986, 5 000 tonnes de matériaux (sable, bore, argile, plomb, etc.) sont déversées par hélicoptère pour recouvrir le réacteur.

Le nuage s’est donc propagé sur l’Europe, sur une partie de l’Europe… Bref, on connait le débat. A l’époque, les frontières marquaient de véritables limites à la propagation.
L’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a présenté le panache de Tchernobyl sur des bases de modélisation prenant en compte les conditions météorologiques de l’époque.

Très rapidement, une zone d’exclusion a été définie. Un sarcophage a été bâti dans l’urgence : sa réfection était annoncée en même temps que sa construction; 30 ans plus tard.

Nous y sommes, qu’en est il?

La centrale 

©Gerd Ludwig. Le niveau de radioactivité est encore tellement élevé dans le Réacteur n°4 que Gerd n’a eu que quelques secondes pour prendre des photos de l’horloge. Le 26 avril 1986, à précisément 1 heures 23 minutes et 58 secondes, elle s’est arrêtée à jamais. – Vu sur Vice

La zone la plus contaminée est située dans un rayon de 30 km autour de la centrale. Il s’agit de la zone d’exclusion. Toute activité humaine y est prohibée par les autorités.

Depuis 1991, un zonage plus précis est établi en fonction des seuils de contamination en césium 137 du sol. On distingue désormais :

  • des zone interdites (totalement évacuées),
  • des zones de relogement obligatoire (zones partiellement évacuées, où l’habitation et la production agricole sont pourtant interdites),
  • des zones de relogement volontaire (la population peut demander à être relogée mais n’y est pas contrainte, les entreprises ne peuvent s’agrandir ou être implantées),
  • des zones de contrôle radiologique (quasiment comme la catégorie précédemment excepté que l’interdiction de création d’entreprise ne touche que celles dont l’activité pourrait avoir un effet sur la santé des populations et la qualité de l’environnement).

Carte indiquant l’état de la contamination au césium 137 en 1996 sur la Biélorussie, la Russie et l’Ukraine avec la catastrophe de Tchernobyl. (CC / Wikipédia) – Vu sur le Nouvel Obs

Ce territoire serait occupé par 7 millions de personnes d’après le film Tchernobyl, Fukushima : vivre avec, (documentaire d’Olivier Julien).

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01435628/src/lpms00/zone/1/showtitle/1/
Vu sur les Inrocks

Le sarcophage construit sur le site dans l’urgence se dégrade au fil du temps. Celui ci avait été bâti 7 mois après l’explosion. A cette période, des « liquidateurs » ont été envoyés dans la zone pour enfouir les matériaux radioactifs (plus de 800 tranchées) et pour construire le sarcophage dédié à confiner le réacteur détruit et en limiter les rejets radioactifs.

Quelques années plus tard, des fissures sont observées et la dégradation du sarcophage fait planer le risque d’effondrement. L’Union Européenne, les Etats Unis, l’Allemagne et la France ont mis en oeuvre le programme Shelter Implementation Plan (SIP) dès 1997.

En 2008 s’est achevée la première étape du plan : Stabiliser les structures de l’ancien sarcophage, réduisant le risque d’effondrement. Un ajout de systèmes de surveillance à l’intérieur du sarcophage a également été implanté (niveau de radiation, relevés sismiques, flux de neutrons…).

Fin 2017 marquera l’achèvement de la seconde étape : une arche viendra recouvrir le réacteur détruit ainsi que ce sarcophage. Cette arche étanche permettra d’entamer les opérations de démantèlement qui ne sont à cette heure qu’aux travaux préparatoires. Il est également prévu de procéder au démantèlement des trois autres réacteurs. Globalement, il y en a pour 100 ans. Ce dôme métallique prévu pour résister aux tornades, aux variations de températures, aux séismes garantira un démantèlement avec des garanties de confinement et de sûreté.

D’après le site enfiniraveclenucleaire.org, « Le réacteur éventré, qui contiendrait encore 97% des éléments radioactifs, constitue toujours une menace : le sarcophage de béton construit à la va-vite au-dessus de ses ruines se fissure déjà. En 2013, une partie du toit s’est déjà effondré [11]. La construction d’une arche métallique géante de 92 mètres de haut et 245 mètres de long destinée à recouvrir le réacteur, a donc commencé en 2010. Ce chantier pharaonique, mené par un consortium formé de Vinci et Bouygues, est censé coûter plus de 2 milliards d’euros. L’Ukraine ne pouvant y contribuer qu’à hauteur de 8%, le reste devait être financé par la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement et le reste de la communauté internationale. En raison de manque de fonds, les travaux ont été retardés et la fin est annoncée au mieux pour novembre 2017, au lieu de 2015. Ce sont aujourd’hui 615 millions d’euros qui manquent au compteur, que la BERD espère récolter à l’issue d’une conférence de levée de fonds londonienne fin avril 2015. »

Prévue sur plusieurs décennies, la dernière phase du plan permettra de transformer le site en une « zone écologiquement sûre ». A suivre…

L’environnement 

La reconquête de la zone d’exclusion est évoquée. La dispersion des éléments du réacteur suite à son explosion a conduit à la contamination des sols, forêts et à l’abandon des villages environnants.

© Gerd Ludwig (Rossokha,Ukraine, 1993) Des milliers de véhicules violemment irradiés tels que des camions, des hélicoptères, des tanks et des bulldozers utilisés lors du nettoyage sont en attente d’être ensevelis dans des « cimetières pour matériaux radioactifs. » – Vu sur Vice

Des travaux de décontamination en Ukraine ont été engagés et environ 90% des déchets ont été placé au rebus dans la zone d’exclusion dans des modules en béton ; aux tranchées non étanches… Forcément, dans l’urgence de la situation, il a fallu bâtir vite ; sans réelles études d’impact, et sans traçabilité des tranchées & déchets liés.

A cela s’ajoute l’opacité de l’information, les controverses dans les études menées… Difficile de garder un oeil objectif dans un contexte où il semble y avoir autant d’enjeux que de pressions !

Aujourd’hui, ce qui pose question (entre autres), ce sont les sites d’entreposage des déchets. 2 options : la reprise des déchets ou le maintien de restrictions d’usage des sites qui les contiennent.

D’après les recherches menées par l’IRSN, la seconde serait préférable puisque la levée des restrictions impliquerait le retrait d’un volume considérable de déchets qu’il faudrait ensuite stocker sur un site aménagé. De plus, « le retour de la végétation de manière incontrôlée et le recyclage naturel de la radioactivité pourraient conduire à de nouveaux relâchements et transferts atmosphériques en cas d’incendie de forêt ».

La santé

D’après l’IRSN, en plus des intervenants sur le site de la centrale de Tchernobyl, environ 5 millions d’habitants de Biélorussie, d’Ukraine et de Russie ont été exposés. Par ailleurs, plus de 116 000 personnes résidant dans la zone d’exclusion ont été évacuées.

L’inhalation et l’ingestion de radionucléides, l’exposition externe liée aux dépôts sur le sol sont responsables de nombreux cancers de la thyroïde chez les personnes exposées âgées de moins de 18 ans au moment de l’explosion.
D’après l’IRSN, en Biélorussie, en Ukraine et en Russie, encore aujourd’hui, l’augmentation des cancers de la thyroïde est observée. On observe également toute sorte de pathologies liées à une exposition sans pour autant bénéficier d’information scientifique fiable.

© Gerd Ludwig (Minsk, Biélorussie, 2005) Oleg Shapiro, 54 ans, et Dima Bogdanovich, 13 ans, souffrent tous deux de cancers de la thyroïde. Ils sont soignés dans un hôpital de Minsk. C’était la troisième opération pour Shapiro. La mère de Dima tient les retombées radioactives comme responsable de l’état de santé de son fils, mais ses docteurs sont un peu plus prudents : « Le gouvernement Biélorusse n’aime pas trop une telle transparence. » – Vu sur Vice

Les intervenants sur le site de la centrale, appelés liquidateurs, sont suivi au niveau sanitaire pour surveiller l’apparition des effets chroniques à long terme tels que les cancers. Le bilan sur les effets aigus des irradiations a peu évolué.
Soit dit en passant, leur condition et la précarité de leur existence a été dénoncée lors du 30 « anniversaire » de la catastrophe. (cf. franceinfo). les pensions d’invalidités sont menacées… La précarité financière vient s’entasser sur les problèmes de santé. Et d’inactivité ? (cf. L’ange Blanc. Les enfants de Tchernobyl ont grandi)
Difficile à imaginer quand on connait leur abnégation à une tache orientée vers la réparation d’une erreur cupide passée…

En cherchant des informations sur Gerd Ludwig, je suis tombée des nues. A l’époque la désinformation des populations était le mot d’ordre; avec comme règle l’opacité de l’information divulgée en externe. Aujourd’hui fini les fastes de l’industrie nucléaire, c’est le manque de moyens qui semble frapper cette zone.
Gerd Ludwig est photographe et est né à Pripiat, située à moins de 2 km de Tchernobyl. Son père ingénieur travaillait sur l’un des réacteurs nucléaires de la centrale; les effets de la radioactivité sur son organisme l’on emporté.
Gerd a produit une oeuvre photographique intitulée L’Ombre de Tchernobyl, fruit de 20 ans de travail et 9 voyages dans la zone de sécurité ; et le partage des souvenirs de son père. En 1993, il avait été missionné par National Géographic pour réaliser un reportage sur la pollution dans les ex-républiques soviétiques. Il avait bien sûr incorporé Tchernobyl à son travail. Son intérêt profond pour Tchernobyl l’a conduit à retourner à de nombreuses reprises pour photographier les victimes, la ville-fantôme de Pripiat, la Zone de Sécurité, le réacteur lui-même ainsi que les différents secteurs affectés par les retombées radioactives, en Biélorussie comme en Ukraine.

©Gerd Ludwig (Vesnova, Biélorussie, 2005). Igor, 5 ans, est handicapé physique et mental. Il a subi des sévices émotionnels et il est sourd et muet. Isolé et anxieux, il passe le plus clair de son temps à se cacher derrière un rideau dans une maison pour enfants. L’institution pour enfants handicapés mentaux n’existerait pas sans le soutien de Tchernobyl Children International. – Vu sur Vice

Pour lui, les études sont systématiquement remise en cause. Lorsque l’on invoque la radioactivité responsable de malformation, on entend en retour que « Rien que cette peur et ce stress peuvent être nuisibles pour la santé. ». Le gouvernement Biélorusse avait donc bien verrouillé la mécanique de diffusion de l’information; ou plutôt de la désinformation; en témoigne son parcours restitué dans une interview accordée à Vice.

Au delà de ça, il y a des conséquences collatérales. Niels Ackermann, photographe, témoigne dans son livre photographique de son immersion en Ukraine entre 2012 et 2015. « Au cimetière, on voit des tombes de personnes décédées très jeunes, à cause du cancer, ou de maladies plus anodines comme la grippe, car la radioactivité affecte également le système immunitaire. Mais, aujourd’hui, il n’y a pas tant de problèmes de santé que ça. Ils gèrent les risques de la radioactivité avec des moyens plus sérieux qu’on ne l’imagine. » (Entretien avec Les Inrocks)

Photographie Niels Ackermann – Livre-photo « L’Ange blanc. Les enfants de Tchernobyl ont grandi. » – Vu sur Les Inrocks – Crédits photo : Niels Ackermann/Lundi13

Difficile donc, 30 ans plus tard de dresser un bilan sanitaire clair, net et précis. L’IRSN confirme cette idée en indiquant que « les résultats disponibles sont limités par la qualité des études épidémiologiques réalisées, la difficulté d’identifier précisément les populations exposées et les incertitudes associées aux estimations dosimétriques. »
La situation liée à la chute de l’Union Soviétique dans la zone n’a pas permis une réalisation efficiente de bilans sanitaires.

D’après l’IRSN, les études sont controversées. « Elles n’ont pas démontré de lien entre la dose reçue et l’augmentation des cas de cancers solides – tels que les cancers du côlon, du poumon ou du sein – chez les habitants des territoires contaminés et les évacués. Néanmoins, pour ces types de cancers, il est possible que le délai depuis l’accident soit encore trop court pour qu’une éventuelle augmentation de fréquence soit détectable. En effet, l’augmentation de tels effets n’a pu être mise en évidence que plusieurs décennies après chez les survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. » « De même, pour les pathologies non cancéreuses telles que les malformations congénitales et les maladies cardiovasculaires, les études réalisées ne font pas consensus en raison de problèmes méthodologiques. »

Faune et Flore

Là encore, les études s’opposent; les analyses et résultats sont controversés. L’IRSN appelle à la collaboration entre différentes équipes et champs disciplinaires afin de mener une étude fiable visant l’évaluation des conséquences écologiques (et sanitaires).

Des anomalies morphologiques ont été observées et ont fait couler de l’encre; les pins par exemple notamment sans pouvoir bénéficier de relevés suffisants à l’établissement de relations dose-effets fiables.

Les invertébrés du sol ont reçu des doses supérieures à celles reçues par les autres animaux, la majeure partie des dépôts étant concentrée sur les premiers centimètres du sol et sur les litières forestières. « Dans les deux mois qui ont suivi l’accident, 90% des invertébrés du sol qui occupaient la zone entre 3 et 7 km autour de la centrale ont disparu. Au cours de l’année 1987, la population des invertébrés du sol dans la litière forestière a progressivement augmenté jusqu’à atteindre 45% de la population d’origine. Fin 1988, la mésofaune du sol (petits animaux dont la taille est comprise entre 0,2 et 4 mm) était quasiment restaurée. » (d’après l’INSR)

Pour les espèces vertébrées, les petits rongeurs ont largement été étudiées car ils représentaient le groupe de mammifères le plus abondant à Tchernobyl. « À l’automne 1986, leurs populations en des lieux très contaminés ont été divisées par un facteur de 2 à 10. Puis, à partir du printemps 1987, aucune différence n’est mise en évidence entre les populations de micro-mammifères vivant dans des sites contaminés et celles des sites témoins. Cependant, de nombreux changements sont observés dans les organismes (anomalies de la formule sanguine, altérations histologiques de la rate et du foie ainsi que du système endocrinien). » (d’après l’INSR)

Concernant les oiseaux et les grands mammifères, les études different grandement. Les Oiseaux ont été étudiés plusieurs années après l’accident; diverses publications de Møller et Mousseau « concluent que, dans la zone d’exclusion, la richesse spécifique, l’abondance et la densité des populations d’oiseaux en milieu forestier décroissent avec l’augmentation du niveau d’exposition aux rayonnements ionisants. Selon les auteurs, l’abondance des oiseaux diminuerait de 60% entre les sites présentant des débits de dose ambiants compris entre 0,1 et 1 mGy/h en irradiation externe, et les sites témoins. »

Les grands mammifères ont fait l’objet d’études n’aboutissant pas aux mêmes conclusions.  Par dénombrement des traces dans la neige ou comptage aérien, l’abondance de douze espèces est corrélée négativement avec le niveau de radiation ambiant. A Deryabina, la densité des mammifères n’est pas corrélée à la contamination radioactive. « La population de grands ongulés (élan, cerf, chevreuil, sanglier) est comparable à celles observées dans des réserves naturelles non contaminées, voire 7 fois supérieures pour les loups. Toutefois, ces données ne permettent pas de séparer l’effet positif dû à l’abandon de la zone par l’homme d’un potentiel effet négatif des radiations ionisantes. » (d’après l’étude Møller et Mousseau)

Selon l’IRSN, « l’évacuation des populations humaines est considérée comme le facteur déterminant vis-à-vis du retour des animaux dans les territoires radiocontaminés par certains auteurs ayant publié sur les grands mammifères des réserves de Bioélorussie. »

Comment vit la génération Tcherno ?

Photographie Niels Ackermann – Livre-photo « L’Ange blanc. Les enfants de Tchernobyl ont grandi. » – Vu sur Les Inrocks – Crédits photo : Niels Ackermann/Lundi13

C’est en parcourant Les Inrocks que j’ai découvert le travail du photographe suisse Niels Ackermann. Son immersion à Slovoutytch dans la ville « la plus jeune d’Ukraine » (bâtie pour immédiatement après l’accident pour y loger les ouvriers chargés de nettoyer la zone) a donné naissance à son livre-photo L’Ange blanc. 

Les images s’enchaîne et l’on comprend assez rapidement que le problème n’est pas la radioactivité. Ils en ont bien d’autres. Pendant 3 ans, Niels a suivi Loulia et ses amis qui « boivent, baisent, se droguent et s’ennuient » (Gaetan Vannay, plume du Livre photo).
On peut également y lire qu’ « Ici, plus de gens meurent à cause des effets de l’alcool et de la drogue qu’à cause de la radioactivité ». Cette « phrase choc » a été entendue dans la bouche de Kiril, 25 ans devant la tombe de son meilleur ami; emporté par l’alcool.

Bien-sûr, il y a les cancers, les départs sur une grippe en raison de la baisse des défenses immunitaires… Mais d’après Niels, le fond du problème c’est l’ennui… A l’occasion de son entretien avec les Inrocks, Niels Ackermann nous rapporte le quotidien des jeunes travailleurs qu’il a croisé. « Les gens travaillent deux semaines à la centrale, puis ont deux semaines de congé, en raison d’un taux de radioactivité qu’ils ne doivent pas dépasser. Pour tuer le temps, dans une ville isolée, avec des activités culturelles restreintes, l’alcool, peu chère, est la solution facile. Mais les conséquences sont désastreuses. » (Entretien les inrocks).

La centrale emploie aujourd’hui 3 000 habitants de Slovoutytch. l’engouement pour les métiers bien payés et la sécurité de l’emploi offert autour du projet Novarka est manifeste. Notamment auprès des jeunes si bien qu’ils préféreraient devenir soudeur malgré leurs études de journalisme; conducteur de camion et non plus ingénieur…
A cela s’ajoute la fierté de construire cette arche gigantesque.

Love Chart – L’ange blanc. Niels ACKERMANN – Vu sur osvita.mediasapiens.ua

Dans le texte, « A Slavoutytch, personne ne dort dans un seul lit ». Dans l’image, la « fuck chart » réalisée par Niels relie les noms entre eux en fonction de qui couche avec qui.

Les habitants de la campagne environnante imaginent Slavoutytch telle « une cité du vice ». Niels quant à lui estime (sans juger) que cette ville est comme les autres mais qu’ « On ne peut plus montrer de photos de la catastrophe. Le monde entier les a vues et a compris. Il faut passer à autre chose. » 

Le lourd héritage et la crise qui frappe le pays n’empêche pas les jeunes d’avancer. Sans stigmatisation, cela serait certainement plus aisé.
« Laissons une chance à la jeunesse, ne les accusons pas d’échec avant qu’ils aient essayé de réparer les erreurs de leurs aînés. » (Niels ACKERMANN)

La ville de Slavoutytch soutient donc d’autres projets tels que la création d’un institut de recherche sur le nucléaire ou le festival international du film et de l’urbanisme (86).
D’après Niels cette ville créée sur une forêt démontrait qu’on ne peut implanter une cité n’importe où. D’après lui, on ne pourrait imposer d’activité économique trop éloignée des grands pôle urbains.

 

I had a dream…

Le nucléaire soyons réalistes, nous en sommes dépendants. Pour desservir « tout le monde », avec le développement suivi, on ne peut pas se passer du nucléaire.

Pour l’avenir, j’aimerais que se soient les énergies renouvelables et non plus fossiles qui soutiennent notre consommation.

Quand on voit que tout peu basculer. J’espère que les enseignements ne seront pas « oubliés ». N’apparait-il pas aberrant que nous fassions confiance en la fission d’un coeur que nous ne sommes pas en mesure de stopper?
Les installations que l’on bâtit sur Tchernobyl ne tiennent pas plus d’un siècle quand tant de budget y est alloué. L’idée d’une contamination radioactive est pétrifiante car on sait que les catastrophes sont ingérables. On tente de limiter les effets de la contamination. Pourtant, on construit encore des centrales nucléaires.
L’Homme a-t-il besoin de ses propres erreurs pour tirer des enseignements d’avenir? Ou l’expérience historique pourrait-elle se suffire en la matière?

J’aimerais que l’investissement soit soutenu envers les énergies durables et non plus envers les énergies non maîtrisées mais rentables. Ou tout du moins, avant d’en reconstruire, de penser à étudier les techniques de l’arrêt de la fission nucléaire.

J’aimerais que pour contrecarrer les 29 ans de désinformation en Ukraine comme ailleurs, les états soient transparents et les groupes d’études autonomes qui ne seraient pas le porte voie de tel ou tel lobby. A commencer par la France qui, contrairement à ses voisins européens, n’a pas distribué de pastilles d’iode suite à l’explosion.

Tchernobyl pose question car elle subit une crise politique, et sur son territoire plane la menace d’opérations militaires qui pourraient affecter et renforcer la précarisation des populations locales. L’Ukraine ne parvient plus à financer son système de santé et les thérapies contre le cancer destinées aux enfants ne seraient plus disponibles dans le nord du pays.
Si l’Ukraine devient un théâtre d’opération militaires d’autres menaces nucléaires pèseront puisque son territoire comporte d’autres sites.
Peace


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