Jour d’Armistice – Billet de rattrapage

En lisant l’actualité, en palpant l’ambiance de rue, mon post précèdent Bienvenue à Bordeaux nécessitait une mise au point !

L’humain est maladroit, les mots peuvent apparaitre mal choisis, condescendants… alors qu’ils se voulaient plein d’ironie & d’humour, de rappel de base tout sourire.

Pas une leçon, plus une réflexion en partage…

Un post comme un besoin car après ce que j’avais écrit, il fallait une petite mise au point. Parce que l’autre jour à une brasserie, un habitué partageant sa table avec une famille en WE à Bordeaux, a interpelé la petite fille de 8-10 ans : « Vous êtes du genre à dire pain au chocolat ou chocolatine ? » « Pain au chocolat, Monsieur » « Parfait, le prochain pain au chocolat est à 5 minutes en tram & 2 heures en train, repartez à Paris ». Moche. Crado.

Il y a eu les dégradations à Saint Michel, l’annonce d’Alain Juppé qui pourrait saisir la justice…

Alors aujourd’hui, je fais mon « billet de rattrapage ».

23400089600_9a705ace17_bEnfant du 33, du Sud Ouest, j’ai tété mes 1er Biberons entre La Force, Bergerac, Bordeaux & Arcachon. A l’heure où l’on ne réfléchit pas, mon environnement et mode de vie m’ont permis de considérer cet ensemble comme ma racine.

Ma scolarité de la maternelle au lycée s’est déroulée à Bordeaux, Bergerac & Arcachon. Un vécu qui m’a permis d’apprécier ces différents territoires.

Vient le temps de l’université, un temps entre Bordeaux et Clermont Ferrand, séjours à l’étranger. A chaque expérience, je rentrais heureuse de ce que j’avais pu découvrir en dehors de chez moi ; presque autant que de rentrer au bercail.

Ma région m’a appris à aimer les saisons, à aimer les différences, à pratiquer des activités sur un sol riche de diversité.

Lézarder après une bonne session paddle l’été, profiter de l’été indien, ramasser des champignons à l’automne, se vivifier à l’océan l’hiver avec de grandes ballades & un cerf volant, chérir chaque rayon du printemps annoncé par l’éclosion des mimosas…. L’odeur de la terre, du sable, des embruns du vent, le sel sur la peau…

J’ai choisi d’y poser mes valises pour toutes ces raisons. Notre identité régionale m’a séduits être salariée puis pour y lancer mon activité.

Aujourd’hui, je pleure. Je me demande ce qu’on fait, c’est un peu comme si bordeaux était entre chien & loup.

Bien sûr il y aura eu les ravalements des façades, le tram, les parcs, les activités culturelles et associatives riches, l’embellissement des quais…
Mais si je plains et pleure le « nouveau Bordeaux » c’est parce qu’on a vu aussi certains quartiers s’effondrer… fini les belles pierres des bassins à flot il ne reste désormais qu’une seule grue, qu’un seul entrepôt d’époque, la base sous marine (trop chère à détruire ??? Heureusement reconvertie en zone d’exposition), le restaurant chez tonton (ancien Nautilus, connu il y a 20 ans pour ses soirées animées).

La pierre et les perspectives ont tellement changé ses dernières années… Béton, hauteur, laideur de l’absence de style… Ce Bordeaux était fait d’échoppes et de bâtiments de commerce d’antan.

Rien d’étonnant à ce que les bordelais se ruent aux Vivres de l’art ou au Garage moderne !!! Vestiges résistants courageux d’un Bordeaux qui se meurt….

33113267442_f4156c2d39_bCoté bastide, idem… On voit tomber les bâtiments d’époque, au profit de projets immobiliers bétonnés. C’est moche… Y’a Darwin, les chantiers, Chez Alriq, le siman et le cinéma (ancienne gare), qui ont cru à des avenir pour ses lieux chargés d’histoire.

Pour le reste maintenant c’est Vinci, Bouygues, Eiffage… Bizarre comme ballade… Rien d’authentique.

J’aurais tellement aimé que Bordeaux prenne prioritairement l’option berlinoise : rénover, reconvertir les friches… Si belles & chargées d’histoire. Juste en attente d’un avenir.

Alors maintient c’est au tour du quartier de la gare, ratissage pour un nouveau bordeaux à bâtir. A Paludate seules les boites & Millésima résistent. Un nouveau triangle d’or voit le jour…

En descend de la rue Pelleport, on sourit quand on voit la belle façade bleue rénovée. Et puis, on vomit quand on se rend compte de la perspective du parking sur élevé… de bâtiments super hauts… Ici c’était vue sur le fleuve vers le lever du soleil dans la brume du lit du fleuve. Et Bim, coupée la plus belle perspective du quartier.

Y’a plus de bancs, pour pas zoner. Pour pas se rencontrer.

En Espagne (bon en ce moment la comparaison n’est pas idéale mais je me lance…), les vieux, les jeunes, les mères de familles, les veuves, les touristes & locaux s’y croisent. Le lien est fort, comme l’identité. Ils passent ensemble de longues soirées en partageant les bancs publics. Il fut un temps où nous nous y bécotions.

Au pays basque, Quand on regarde les paysages, les images se chevauchent au fil du temps. Et sont toujours les mêmes. Harmonieuses & authentiques. Uniques.

A l’IIe de ré, les chantiers de l’urbanisme ont visé l’enfouissement des câblages pour redonner la priorité aux paysages.

Ce n’est plus le cas de certains quartiers bordelais, du centre ville d’Arcachon… On peine déjà à se rappeler d’où partait la rue Jehenne, où se situait la maison des chats ? Où était l’entrepôt maritime ?

33113297962_c6182cc075_bVu de Bordeaux, le virage a été pris sans écouter les territorialité, leurs spécificités. De chez moi, j’ai ri quand j’ai lu les contours de notre nouvelle étiquette : la nouvelle aquitaine… on s’y fera, c’est qu’une étiquette… Mais on ne s’uniformisera pas. C’est nos différences sans haine de l’autre qui font que l’on a plaisir à vivre notre région.

Comment penser qu’un WE au pays Basque procurera les mêmes émotions qu’un séjour à l’ile de Ré ???

C’est un peu comme l’Afrique, une découpe des limites étudiées dans le traçage. Avec des étiquettes PAYS.

Le post précèdent est né d’une envie de partage. De réaction-réflexion. Parce qu’il y a vite une tendance à l’amalgame. Qu’on confond vite nouvel arrivant et métamorphose citadine & sociale.

Faut comprendre aussi qu’en ce moment, le « nouveau » ne se vit pas forcément bien : flambée des prix du logements, augmentation du prix des paniers de courses, saturation des trottoirs, transports et routes….

On le sait, on partage tous le même idéal : vivre dans ce lieu qui nous a séduit.
En étant que de passage on sait aussi qu’on ne peut pas posséder l’air qu’il nous entoure, qu’on le partage depuis les confins de l’Humanité. Faut pas dérayer à la Haine, devenir misanthrope. Faut juste comprendre & peut-être agir à mendonné.

Alors pour revenir sur Bienvenue à Bordeaux. Il est sincère. Teinté de mots d’ironie me caractérisant dans ce contexte où même si je lutte, je vois l’amalgame dans mon quotidien. Par ce simples mots verbaux, sur la toile.

Viens découvrir, partage tes expériences, développe, entreprend, assimile, enrichit… sans saccager. Juste parce que vivre la carte postale, dans une région d’exception, ça s’apprend, ça se cultive et s’entretient pour perdurer.

#Identité #Bordeaux #Luttecontrelantiparisianisme #Luttecontrelantitout #BonjourTristesse #BonsoirBordeaux


Photos : FLICKR AnneSoPhotographies
Un monde en mousse – Saint Michel Bordeaux
Sauvez vous – Darwin Bordeaux
La femme d’ALBER – Darwin Bordeaux

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s